truite de mer

qu’est ce qui différencie une truite de mer d’une truite fario ?

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la question comporte plusieurs réponses:

a commencer d’un point de vue génétique, on s’est longtemps demandé s’il s’agissait d’une forme migratrice de la truite fario ou d’une espèce a part entière. d’après des études en cours il semblerait plutot que la truite a l’instar du saumon a des gènes qui la conditionne a migrer en mer afin d’y trouver un biotope plus riche que la rivière ou fleuve ou elle est née ! ceci lui permet de booster sa croissance et de revenir au bout d’un périple variant de quelques mois pour les sujets les plus modestes qu’on appel « finnock » (poissons d’1 a 2 livres en moyennes) et que l’on trouve généralement en nombre important dans les parties estuariennes; a 1 voir 2 ans pour les sujets moyens (la tailles moyennes des poissons etant d’environ 60 cm) et qui peuvent entreprendre des remontées très en amont d’un fleuve si la continuité écologique de celui ci est respectée. contrairement au saumon atlantique qui connait une forte mortalité post fraie, les truite de mer possèdent un fort pouvoir de régénération et peuvent entreprendre plusieurs remontées au cours de leur vie; ce qui explique pourquoi certains  sujets peuvent atteindre voir dépasser les 10kg. le Graal de tout pêcheur de poissons migrateurs…

ainsi, la truite fario serait donc une truite a la base migratrice qui au fil du temps se serait sédentarisée et adaptée en modifiant notamment  son comportement alimentaire. au départ de sa vie, comme tous salmonidés une fois son sac vitellin résorbé, elle commence a s’alimenter; d’abord avec des invertébrés puis aux fur et a mesures de sa croissance avec des proies plus imposantes et en optant pour un régime souvent plus piscivore pour les plus gros sujets. vairons, chabots et consorts étant les plus prédatés. le cannibalisme est également a prendre en compte et joue peut être en partie sur les origines migratrices de la truite: en effet si des effectifs importants de poissons de grandes tailles et pouvant donc ingurgiter des proies assez volumineuses en quantité importante restait a demeure dans les cours d’eaux; il est fort probable que peut de juvéniles parviendrait jusqu’à l’age adulte et quand peut de temps l’espèce se serait éteinte… ce en dépit d’un nombre d’ovocite pondu plus important ! a contrario, la truite fario a un régime alimentaire certes varié mais beaucoup plus axés sur les invertébrés a tous les stades de leurs développements. les insectes et leurs apport protéinique important ainsi que la forte minéralité des eaux de nos chalk stream permettent néanmoins aux truites farios de connaitre une croissance assez forte mais tout de même plus lente qu’en milieu marin. ce détail explique en partie le raisonnement de certains pêcheur anglais qui préfère prélever systématiquement toutes truite de mer qu’ils capturent dans les cours d’eaux qui possède une population significative de ces dernières. pourquoi donc ? car pour eux, ces poissons aux moeurs crépusculaires voire nocturne ne présentent pas autant d’attrait sur le plan de la pêche sportive que la truite fario. plusieurs raisons a cela: les cours d’eaux anglais sont surtout colonisés par des truites de mer de tailles assez modérées et contrairement aux farios elle ne s’alimentent jamais avec des insectes adultes en surface;  la pêche en sèche en journée avec du matériel léger classique n’est donc que peu envisageable et lorsqu’il recherchent le saumon avec des techniques et du matériel adapté, la capture de finnock ne procurent pas autant d’agrément que ces derniers tout en perturbant leur recherche.

deux pêcheurs anglais que j’avais guidé l’an dernier sur un cours d’eaux proche de chez moi avait d’ailleurs été fort impressionné par la taille moyenne des poissons qu’ils avaient vu au cours de leur périple et avec donc compris le fort engouement pour la recherche de ce poisson sur notre territoire.

la smoltification

derrière ce terme barbare aux yeux du profane se cache un grand bouleversement pour la truitelle qui se prépare a son aventure marine. aprés avoir passé 1 ans ou 2 dans la rivière ou elle est née et qu’elle mesure environ 15 a 20 cm, celle ci va voir sa robe changer pour devenir argenté et son métabolisme va se modifier: en effet si en eau douce les poissons absorbent une grande partie des sels minéraux contenus dans l’eau pour solidifier leur squelette et assurer leur croissance, dans l’eau de mer qui en est saturé les poissons doivent adopter un échange osmotique inverse pour ne conserver et absorber uniquement ce qui leur est nécéssaire. ce processus demande une période d’adaptation pendant laquelle les sujets resteront un certains temps au abords des estuaires. périodes comportant une mortalité assez forte due notamment a la prédation d’oiseaux piscivores qui, habitués des faits profitent de cette manne ! il est d’ailleurs regrettable de constater que les couteux efforts de rétablir la continuité écologique de certains bassins versants en supprimant ou en aménageant les divers barrages ou seuils qui rendaient certaines zones de frayères situées en amont et jusqu’alors inaccessibles aux poissons migrateurs ne permettent guère a ces espèces de voir leurs recrutement annuel augmenter de manière significative! si la probabilité de voir les stocks de truite de mers et saumons augmenter de par le fait qu’ils puissent avoir accès a de plus nombreuses zones de fraies semble logique, le fait que chaque estuaire soit canalisé pour des raisons d’urbanisme et concentre donc les juvéniles dans un périmètre restreint; il en résulte une prédation importante a cause d’un nombre de cormorans toujours plus nombreux chaque saison…. ce problème n’ayant pas l’air d’avoir été pris en compte et vu qu’aucune mesure de protection ne soit mise en place, une grande partie des smolts et tacons qui dévalent généralement de février a fin avril chaque année terminent leur parcours de manière prématurée ! pour le plus grand plaisir d’oiseaux nuisibles puisque n’étant plus régulés dans leurs contrées d’origines (merci aux lobbys de protection des oiseaux qui apparemment se fichent pas mal des poissons) et aux grand damne des pêcheurs qui ne peuvent qu’assister impuissant a ce festin désolant…

un détail important permet de renforcer la thèse du caractère intrinsèque migrateur de la truite: il n’est pas rare sur des secteurs situés très en amont de cours d’eaux qui sont jalonnés de nombreux barrages et seuils infranchissables par les poissons migrateurs, de trouver des smolts sur des zones qui ne recèlent aucuns tacons ! ce qui prouvent qu’une partie du fraie de truite fario va adopter un comportement migratoire bien qu’elle ne soient pas elle même issue de poissons ayant ayant déja effectuer une migration, des études génétiques en cours vont essayer de quantifier le pourcentage de gènes migratoires pour les souche de différents bassin versants.